ForumâșRole PlayâșForĂȘt des Brumes MystĂ©rieuses
Ce que le vent murmure
Sujet ouvert par Kessa · 6 messages
2026-06-11 15:11:12
Lorsque le portail s'est ouvert, elle n'a pas hésité un instant. Le vent l'appelait.
C'Ă©tait comme ça depuis toujours avec Kessa. Une oreille tendue vers l'horizon, les pattes lĂ©gĂšres, prĂȘte Ă disparaĂźtre, Ă grimper toujours plus haut. Elle rĂȘvait d'aventures et de libertĂ©. Plus de rĂšgle imposĂ©e par un clan archaique.
De l'autre cÎté, une lumiÚre dorée et froide. Des odeurs inconnues. Un monde qui n'avait pas encore appris son nom. La Tabaxi a souri. Ce sourire étroit, presque invisible, que seuls ceux qui la connaissent vraiment savent reconnaßtree. Et, elle a franchi le seuil sans se retourner.
C'Ă©tait comme ça depuis toujours avec Kessa. Une oreille tendue vers l'horizon, les pattes lĂ©gĂšres, prĂȘte Ă disparaĂźtre, Ă grimper toujours plus haut. Elle rĂȘvait d'aventures et de libertĂ©. Plus de rĂšgle imposĂ©e par un clan archaique.
De l'autre cÎté, une lumiÚre dorée et froide. Des odeurs inconnues. Un monde qui n'avait pas encore appris son nom. La Tabaxi a souri. Ce sourire étroit, presque invisible, que seuls ceux qui la connaissent vraiment savent reconnaßtree. Et, elle a franchi le seuil sans se retourner.
modifié le 20/06 03:08 2026-06-15 22:01:21
Depuis deux jour, Asherim errait dans cette forĂȘt aussi magnifique quâimprĂ©visible. Il chassait les loups pour apaiser sa faim, dĂ©vorant leur chair coriace et grillĂ©e sur un feu improvisĂ©. Il prĂ©fĂ©rait ce goĂ»t Ăącre Ă l'incertitude d'une flore inconnue. Il rĂ©cupĂ©ra ses flĂšches sur leurs cadavres encore chauds.
Il avançait prudemment sous le couvert des ombres projetées par les immenses troncs torsadés. Asherim traßnait ses pas, ses bottes s'enfonçant dans un tapis de mousse qui semblait absorber le bruit de sa marche. La soif lui cuisait la gorge, transformant chaque déglutition en une épreuve.
L'air de la forĂȘt pesait, saturĂ© d'une odeur de terreau froid et de fer mĂ©tallique, vestige de ses chasses passĂ©es. Une brume perpĂ©tuelle lâaccompagnait, crĂ©pitante de magie ancienne et inconnue.
Certaines blessures sur des ossements humanoĂŻdes annonçaient des adversaires redoutables armĂ© dâarmes accablantes et fracassantes. La perspective de finir broyĂ© lui nouait l'estomac. QuâEolia le prĂ©serve dâun tel sort. Un frisson le parcourut briĂšvement, mais il le rĂ©prima en reserrant la sangle de son carquois de cuir usĂ©, de facture humaine.
Pour lâinstant, aucun signe de la moindre civilisation. La soif qui le rongeait devenait de plus en plus tenace. Aucune source dâeau ne croisa son errance,Ă son grand dĂ©sarroi. Avec un peu de chance, il tomberait sur une source ou un village. Seule la nature sauvage rĂ©pondait Ă ses priĂšres silencieuses.
LĂ , Ă lâorĂ© de lâune des nombreuses clairiĂšres, la magie tourbillonnait. Une silhouette franchissait le seuil, le dos droit, presque altiĂšre. Une queue touffue se mouvait avec une grĂące fĂ©line derriĂšre elle, tandis que des oreilles pointues se dressaient au-dessus de son crĂąne. Le cĆur d'Asherim rata un battement.
Ennemi ou allié? Ses traits de prédateur exigent une analyse approfondie.
Asherim ne reconaissait pas cette espÚce, mais il déduisit rapidement un intellect humanoïde par la qualité ses habits. Une créature primitive ne se trimballerait certainement pas un arc ouvragé.
Une créature lycanthrope félinidé? Possible, mais peu probable au vu de la fluidité de sa posture.
Ă vrai dire, sa communautĂ© natale ne comportait que des humains, Ă lâexception de sa personne. Il ignorait mĂȘme les traditions propres au peuple elfique. Sa mĂšre lâabandonna sur le parvis dâune Ă©glise et la prostituĂ©e humaine du hameau le receuillit. Les rĂ©cits de sa mĂšre adoptive dĂ©crivaient les elfes comme des ĂȘtres Ă©thĂ©rĂ©s, grands et nobles. Il contempla ses propres mains, puis sa stature de 157 centimĂštres. Les dieux ne lui accordĂšrent certainemet pas cette prestance lĂ©gendaire.
Sous sa cape en fourrure canine et sa tunique rapiĂ©cĂ©e, les horribles ailes rĂ©sonnaient en rĂ©ponse Ă cette forĂȘt. Longues, translucides, rappelant une libellule, elles trahissait un sang maudit des dieux. Il honorait la promesse de ne jamais les dĂ©voiler.
Il hésita longuement à approcher le premier bipÚde depuis deux jours. L'étrangÚre possédait une élégance animale, une maßtrise de l'espace qui intimidait le petit elfe. La curiosité étouffa sa prudence. Il s'approcha, ses pas étouffés par l'humus, observant la silhouette qui se confirmait femelle à mesure que la distance fondait.
Son instinct de survie hurla au danger, tandis que sa curiosité, plus forte encore, l'ancrait sur sa lancée imprudente. Une part de lui bouillait face à cette entorse de ses propres rÚgles internes.
Trop tard pour reculer dĂ©sormais. Elle mâa certainement repĂ©rĂ©. Je ne suis pas discret au milieu dâune clairiĂšre avec cette tignasse roux clair.
Asherim rajusta nerveusement la sangle retenant son bĂąton contre son dos. Son cĆur battait contre ses cĂŽtes, un tambourin irrĂ©gulier dans ce silence de mort. Il sâarrĂȘta Ă quelques mĂštres dâelle puis racla sa gorge aussi dĂ©ssĂ©chĂ©e que de la paperasse de sermon religieux.
La peur de passer pour une proie nuisait à sa détermination. Une simple approche maladroite transformerait cette rencontre en tragédie.Il décida d'interpeller l'inconnue, la voix rauque par le manque d'hydratation :
â P-pardonnez-moi⊠auriez-vous de lâeau?
Idiot! Quâest ce qui mâindique quâelle comprends mon dialecte?
La crĂ©ature marqua une pause, ses oreilles pointues pivotant vers lui avec une prĂ©cision mĂ©canique. Le fĂ©linidĂ© anthropomorphe tourna lentement la tĂȘte, rĂ©vĂ©lant des pupilles fendues qui semblĂšrent dissĂ©quer Asherim en une fraction de seconde. Il dĂ©glutit sous cette inquisition. Il camoufflait mal lâanxietĂ© qui le consumait.
Il avançait prudemment sous le couvert des ombres projetées par les immenses troncs torsadés. Asherim traßnait ses pas, ses bottes s'enfonçant dans un tapis de mousse qui semblait absorber le bruit de sa marche. La soif lui cuisait la gorge, transformant chaque déglutition en une épreuve.
L'air de la forĂȘt pesait, saturĂ© d'une odeur de terreau froid et de fer mĂ©tallique, vestige de ses chasses passĂ©es. Une brume perpĂ©tuelle lâaccompagnait, crĂ©pitante de magie ancienne et inconnue.
Certaines blessures sur des ossements humanoĂŻdes annonçaient des adversaires redoutables armĂ© dâarmes accablantes et fracassantes. La perspective de finir broyĂ© lui nouait l'estomac. QuâEolia le prĂ©serve dâun tel sort. Un frisson le parcourut briĂšvement, mais il le rĂ©prima en reserrant la sangle de son carquois de cuir usĂ©, de facture humaine.
Pour lâinstant, aucun signe de la moindre civilisation. La soif qui le rongeait devenait de plus en plus tenace. Aucune source dâeau ne croisa son errance,Ă son grand dĂ©sarroi. Avec un peu de chance, il tomberait sur une source ou un village. Seule la nature sauvage rĂ©pondait Ă ses priĂšres silencieuses.
LĂ , Ă lâorĂ© de lâune des nombreuses clairiĂšres, la magie tourbillonnait. Une silhouette franchissait le seuil, le dos droit, presque altiĂšre. Une queue touffue se mouvait avec une grĂące fĂ©line derriĂšre elle, tandis que des oreilles pointues se dressaient au-dessus de son crĂąne. Le cĆur d'Asherim rata un battement.
Ennemi ou allié? Ses traits de prédateur exigent une analyse approfondie.
Asherim ne reconaissait pas cette espÚce, mais il déduisit rapidement un intellect humanoïde par la qualité ses habits. Une créature primitive ne se trimballerait certainement pas un arc ouvragé.
Une créature lycanthrope félinidé? Possible, mais peu probable au vu de la fluidité de sa posture.
Ă vrai dire, sa communautĂ© natale ne comportait que des humains, Ă lâexception de sa personne. Il ignorait mĂȘme les traditions propres au peuple elfique. Sa mĂšre lâabandonna sur le parvis dâune Ă©glise et la prostituĂ©e humaine du hameau le receuillit. Les rĂ©cits de sa mĂšre adoptive dĂ©crivaient les elfes comme des ĂȘtres Ă©thĂ©rĂ©s, grands et nobles. Il contempla ses propres mains, puis sa stature de 157 centimĂštres. Les dieux ne lui accordĂšrent certainemet pas cette prestance lĂ©gendaire.
Sous sa cape en fourrure canine et sa tunique rapiĂ©cĂ©e, les horribles ailes rĂ©sonnaient en rĂ©ponse Ă cette forĂȘt. Longues, translucides, rappelant une libellule, elles trahissait un sang maudit des dieux. Il honorait la promesse de ne jamais les dĂ©voiler.
Il hésita longuement à approcher le premier bipÚde depuis deux jours. L'étrangÚre possédait une élégance animale, une maßtrise de l'espace qui intimidait le petit elfe. La curiosité étouffa sa prudence. Il s'approcha, ses pas étouffés par l'humus, observant la silhouette qui se confirmait femelle à mesure que la distance fondait.
Son instinct de survie hurla au danger, tandis que sa curiosité, plus forte encore, l'ancrait sur sa lancée imprudente. Une part de lui bouillait face à cette entorse de ses propres rÚgles internes.
Trop tard pour reculer dĂ©sormais. Elle mâa certainement repĂ©rĂ©. Je ne suis pas discret au milieu dâune clairiĂšre avec cette tignasse roux clair.
Asherim rajusta nerveusement la sangle retenant son bĂąton contre son dos. Son cĆur battait contre ses cĂŽtes, un tambourin irrĂ©gulier dans ce silence de mort. Il sâarrĂȘta Ă quelques mĂštres dâelle puis racla sa gorge aussi dĂ©ssĂ©chĂ©e que de la paperasse de sermon religieux.
La peur de passer pour une proie nuisait à sa détermination. Une simple approche maladroite transformerait cette rencontre en tragédie.Il décida d'interpeller l'inconnue, la voix rauque par le manque d'hydratation :
â P-pardonnez-moi⊠auriez-vous de lâeau?
Idiot! Quâest ce qui mâindique quâelle comprends mon dialecte?
La crĂ©ature marqua une pause, ses oreilles pointues pivotant vers lui avec une prĂ©cision mĂ©canique. Le fĂ©linidĂ© anthropomorphe tourna lentement la tĂȘte, rĂ©vĂ©lant des pupilles fendues qui semblĂšrent dissĂ©quer Asherim en une fraction de seconde. Il dĂ©glutit sous cette inquisition. Il camoufflait mal lâanxietĂ© qui le consumait.
modifié le 20/06 04:29 2026-06-19 15:00:20
Kessa grignotait sans grande envie quelques baies sauvages cueillies çà et lĂ . Une migraine lui martelait le crĂąne depuis bientĂŽt deux jours. Elle devait trouver un moyen de remplir son estomac dâune protĂ©ine quelconque, sans quoi elle risquait de dĂ©faillir et de devenir la proie de lâune des terribles crĂ©atures qui erraient dans cette forĂȘt lugubre. Redoutable chasseresse, Kessa aurait pu aisĂ©ment attraper un petit gibier. Toutefois, sans lâaide des esprits, la Tabaxi Ă©tait une piĂštre chasseuse, un chaton Ă peine capable de se nourrir des restes de son clan. Ses maux de tĂȘte, rares, lui empoisonnaient lâexistence. Ils obstruaient son conduit mystique vers les autres mondes, vers les esprits oraculaires qui lui offraient prĂ©sages et prescience.
Sa queue grise fouettait lâair, signe de son mĂ©contentement. Elle avait perdu la trace dâun dĂ©licieux liĂšvre⊠Je pourrais rebrousser chemin et retrouver cette riviĂšre regorgeant de poissons. Mais le pari restait risquĂ©. Les poissons, avec leur agilitĂ©, lui rendraient la tĂąche encore plus difficile. Et quelle honte pour une Tabaxi.
Soudain, un frisson remonta le long de son museau et hĂ©rissa ses moustaches. Son instinct lui faisait rarement dĂ©faut. Une autre crĂ©ature venait de pĂ©nĂ©trer la clairiĂšre oĂč elle sâĂ©tait arrĂȘtĂ©e pour se reposer. Ses oreilles pointues se dressĂšrent en direction de la menace.
La crĂ©ature se tenait face Ă elle. De longs cheveux roux ondulaient au grĂ© de la brise. Des yeux doux, mĂ©fiants, mais curieux. Kessa pencha la tĂȘte sur le cĂŽtĂ©, approfondissant son observation.
â P-pardonnez-moi⊠auriez-vous de lâeau?
Kessa retroussa la lÚvre supérieure et dévoila deux canines acérées, dans une sorte de sourire étrange. La Tabaxi posa une griffe sur la gourde pendue à sa taille avant de répondre :
â De lâeau contre du poisson.
Sa queue grise fouettait lâair, signe de son mĂ©contentement. Elle avait perdu la trace dâun dĂ©licieux liĂšvre⊠Je pourrais rebrousser chemin et retrouver cette riviĂšre regorgeant de poissons. Mais le pari restait risquĂ©. Les poissons, avec leur agilitĂ©, lui rendraient la tĂąche encore plus difficile. Et quelle honte pour une Tabaxi.
Soudain, un frisson remonta le long de son museau et hĂ©rissa ses moustaches. Son instinct lui faisait rarement dĂ©faut. Une autre crĂ©ature venait de pĂ©nĂ©trer la clairiĂšre oĂč elle sâĂ©tait arrĂȘtĂ©e pour se reposer. Ses oreilles pointues se dressĂšrent en direction de la menace.
La crĂ©ature se tenait face Ă elle. De longs cheveux roux ondulaient au grĂ© de la brise. Des yeux doux, mĂ©fiants, mais curieux. Kessa pencha la tĂȘte sur le cĂŽtĂ©, approfondissant son observation.
â P-pardonnez-moi⊠auriez-vous de lâeau?
Kessa retroussa la lÚvre supérieure et dévoila deux canines acérées, dans une sorte de sourire étrange. La Tabaxi posa une griffe sur la gourde pendue à sa taille avant de répondre :
â De lâeau contre du poisson.
2026-06-20 23:36:22
Un soupir de soulagement sâĂ©chappa malgrĂ© lui de ses lĂšvres, bien que la tension de ses Ă©paules ne retombe pas totalement. Cette fĂ©linidĂ©e sâexprimait dans un dialecte similaire au sien et, surtout, elle possĂ©dait de lâeau.
La clairiĂšre, baignĂ©e dans une semi-pĂ©nombre vĂ©gĂ©tale oĂč seuls quelques rayons de soleil parvenaient Ă percer la canopĂ©e, retenait son souffle. Ici, lâair saturĂ© dâhumiditĂ© et le parfum des fougĂšres humides contrastaient avec lâĂąpretĂ© de som monde natal.
Ses yeux dâun vert trop lumineux, presque bioluminescents, fixĂ©s sur la gourde quâelle tenait, trahissaient sa soif dĂ©vorante sous la canopĂ©e filtrant les rayons du soleil. Le silence des lieux magiques se rompait par le bruissement des fougĂšres gĂ©antes qui effleuraient ses vieilles bottes.
â Si⊠erm⊠si vous me montrez un point dâeau, il me fera plaisir de pĂȘcher.
Il caressa sa gorge dessĂ©chĂ©e dâune main, tout en sortant doucement son bien le plus prĂ©cieux de sa sangle. Le bĂąton canalisateur, un long fĂ»t de bois gravĂ© de runes pĂąles, se dĂ©ploya avec un clic mĂ©canique pour reprendre sa fonction de canne Ă pĂȘche. Cette relique dâantan, lâun des deux seuls vestiges laissĂ© par sa gĂ©nitrice, ne quittait jamais sa proximitĂ©. Bien quâil ne la rencontra jamais, sa mĂšre lui recommenda de maintenir soigneusement son hĂ©ritage.
Ses pensĂ©es sâattardĂšrent un instant, cette mauvaise habitude quâil peinait Ă rompre, malgrĂ© les annĂ©es. Dans le hameau de Val-Du-Sang-SacrĂ©-De-La-Sainte-MisĂ©ricorde-De-Winfrith, nul nâĂ©galait la qualitĂ© de ses prises. Les villageois qui le dĂ©testaient se battaient tout de mĂȘme pour les poissons quâil vendait au marchĂ© deux fois par semaine. Il ne reviendrait plus jamais subir leurs moqueries.
La fĂ©linidĂ©e lâobservait, et sous lâeffet de la lumiĂšre tamisĂ©e de la forĂȘt, son regard se parait de reflets surnaturels. La brume ambiante amplifiait le contraste entre sa fourure grise et le vert Ă©touffant de son environnement.
Ses propres yeux luisaient encore de cette lueur presque hypnotique, tandis quâun sous-teint irisĂ©, rappelant les Ă©cailles dâun insecte, irradiait sous la finesse de sa peau blĂȘme, parsemĂ©e de taches de rousseur.
Encore ces manifestations, songea-t-il, un frisson parcourant son échine. Ces lueurs oculaires et cette peau qui scintille d'un éclat anormal... ce sont les stigmates indéniables de mon maléfice qui s'intensifient.
Il repoussa cette pensĂ©e amĂšre pour Ă©tudier le sourire de cette femelle. Les canines acĂ©rĂ©es trahissaient son intĂ©rĂȘt et sa faim. Ses griffes aiguisĂ©es perçeraient sa peau fragile sans la moindre difficiltĂ©. Par chance, il lui octroierait du poisson et ne finirait pas dans son estomac. La crĂ©ature dĂ©plaça son poids sur le tapis de mousse, ses oreilles pivotant vers le cliquetis du mĂ©tal.
Naturellement, un fĂ©lin anthropomorphique ne rĂ©siste guĂšre au fumet dâune proie aquatique de bon calibre. Si je me fie Ă sa gestuelle, son comportement se rapproche de celui de ses semblables quadrupĂšdes. Fascinant !
â En attendant⊠erm⊠si la faim vous ravageâŠ
De sa main libre, il fouilla sa besace. Ses doigts, engoncĂ©s dans des gants de cuir Ă©limĂ©, rencontrĂšrent la texture rugueuse de la viande sĂ©chĂ©e de loup. Il en tira une laniĂšre sombre, dont le processus de sĂ©chage avait Ă©tĂ© altĂ©rĂ© par le croisement entre sa magie glaciale et celle des lieux ; la chair luisait d'un Ă©clat bleutĂ©, presque surnaturel, sous la pĂ©nombre des grands arbres. Il en rompit un morceau et lâavala pour dĂ©montrer son aspect sĂ©curitaire, malgrĂ© la coloration insolite.
â Du loup... Une prise dâhier, plus prĂ©cisĂ©ment.
Il dissimulait sa nervositĂ© avec peine, le regard fuyant la fĂ©line pour se perdre dans les ombres dansantes de la forĂȘt. Chaque muscle de son visage se figeait, un piĂštre masque de prudence. Il Ă©vitait soigneusement tout contact physique, craignant de transmettre le malĂ©fice irradiant de son sang profane. GrĂące Ă ses gants, cette femelle restait en sĂ©curitĂ©. Ses prises et ses plats prĂ©parĂ©s ne transmettaient pas le malĂ©fice de sa lignĂ©e viciĂ©e par le rĂ©gicide de ce salaud de gĂ©niteur.
Il jeta un regard furtif sur ses propres omoplates, lĂ oĂč la peau tirait inconfortablement sous sa tunique. Le poids lancinant de ces horribles ailes insectoĂŻdes lâirritait. Par chance sa cape massive en fourrure de loup camoufflaient cette difformitĂ© monstrueuse.
Ces horribles excroissances dorsales insectoĂŻdes ne sont jamais surgies de la chair des citoyens du hameau ou de celle de ma mĂšre. Les proies mortes ne sont pas vectrices. Une transmission par contact physique nâest pas Ă Ă©carter. Vaut mieux maintenir ma vigilance.
La clairiĂšre, baignĂ©e dans une semi-pĂ©nombre vĂ©gĂ©tale oĂč seuls quelques rayons de soleil parvenaient Ă percer la canopĂ©e, retenait son souffle. Ici, lâair saturĂ© dâhumiditĂ© et le parfum des fougĂšres humides contrastaient avec lâĂąpretĂ© de som monde natal.
Ses yeux dâun vert trop lumineux, presque bioluminescents, fixĂ©s sur la gourde quâelle tenait, trahissaient sa soif dĂ©vorante sous la canopĂ©e filtrant les rayons du soleil. Le silence des lieux magiques se rompait par le bruissement des fougĂšres gĂ©antes qui effleuraient ses vieilles bottes.
â Si⊠erm⊠si vous me montrez un point dâeau, il me fera plaisir de pĂȘcher.
Il caressa sa gorge dessĂ©chĂ©e dâune main, tout en sortant doucement son bien le plus prĂ©cieux de sa sangle. Le bĂąton canalisateur, un long fĂ»t de bois gravĂ© de runes pĂąles, se dĂ©ploya avec un clic mĂ©canique pour reprendre sa fonction de canne Ă pĂȘche. Cette relique dâantan, lâun des deux seuls vestiges laissĂ© par sa gĂ©nitrice, ne quittait jamais sa proximitĂ©. Bien quâil ne la rencontra jamais, sa mĂšre lui recommenda de maintenir soigneusement son hĂ©ritage.
Ses pensĂ©es sâattardĂšrent un instant, cette mauvaise habitude quâil peinait Ă rompre, malgrĂ© les annĂ©es. Dans le hameau de Val-Du-Sang-SacrĂ©-De-La-Sainte-MisĂ©ricorde-De-Winfrith, nul nâĂ©galait la qualitĂ© de ses prises. Les villageois qui le dĂ©testaient se battaient tout de mĂȘme pour les poissons quâil vendait au marchĂ© deux fois par semaine. Il ne reviendrait plus jamais subir leurs moqueries.
La fĂ©linidĂ©e lâobservait, et sous lâeffet de la lumiĂšre tamisĂ©e de la forĂȘt, son regard se parait de reflets surnaturels. La brume ambiante amplifiait le contraste entre sa fourure grise et le vert Ă©touffant de son environnement.
Ses propres yeux luisaient encore de cette lueur presque hypnotique, tandis quâun sous-teint irisĂ©, rappelant les Ă©cailles dâun insecte, irradiait sous la finesse de sa peau blĂȘme, parsemĂ©e de taches de rousseur.
Encore ces manifestations, songea-t-il, un frisson parcourant son échine. Ces lueurs oculaires et cette peau qui scintille d'un éclat anormal... ce sont les stigmates indéniables de mon maléfice qui s'intensifient.
Il repoussa cette pensĂ©e amĂšre pour Ă©tudier le sourire de cette femelle. Les canines acĂ©rĂ©es trahissaient son intĂ©rĂȘt et sa faim. Ses griffes aiguisĂ©es perçeraient sa peau fragile sans la moindre difficiltĂ©. Par chance, il lui octroierait du poisson et ne finirait pas dans son estomac. La crĂ©ature dĂ©plaça son poids sur le tapis de mousse, ses oreilles pivotant vers le cliquetis du mĂ©tal.
Naturellement, un fĂ©lin anthropomorphique ne rĂ©siste guĂšre au fumet dâune proie aquatique de bon calibre. Si je me fie Ă sa gestuelle, son comportement se rapproche de celui de ses semblables quadrupĂšdes. Fascinant !
â En attendant⊠erm⊠si la faim vous ravageâŠ
De sa main libre, il fouilla sa besace. Ses doigts, engoncĂ©s dans des gants de cuir Ă©limĂ©, rencontrĂšrent la texture rugueuse de la viande sĂ©chĂ©e de loup. Il en tira une laniĂšre sombre, dont le processus de sĂ©chage avait Ă©tĂ© altĂ©rĂ© par le croisement entre sa magie glaciale et celle des lieux ; la chair luisait d'un Ă©clat bleutĂ©, presque surnaturel, sous la pĂ©nombre des grands arbres. Il en rompit un morceau et lâavala pour dĂ©montrer son aspect sĂ©curitaire, malgrĂ© la coloration insolite.
â Du loup... Une prise dâhier, plus prĂ©cisĂ©ment.
Il dissimulait sa nervositĂ© avec peine, le regard fuyant la fĂ©line pour se perdre dans les ombres dansantes de la forĂȘt. Chaque muscle de son visage se figeait, un piĂštre masque de prudence. Il Ă©vitait soigneusement tout contact physique, craignant de transmettre le malĂ©fice irradiant de son sang profane. GrĂące Ă ses gants, cette femelle restait en sĂ©curitĂ©. Ses prises et ses plats prĂ©parĂ©s ne transmettaient pas le malĂ©fice de sa lignĂ©e viciĂ©e par le rĂ©gicide de ce salaud de gĂ©niteur.
Il jeta un regard furtif sur ses propres omoplates, lĂ oĂč la peau tirait inconfortablement sous sa tunique. Le poids lancinant de ces horribles ailes insectoĂŻdes lâirritait. Par chance sa cape massive en fourrure de loup camoufflaient cette difformitĂ© monstrueuse.
Ces horribles excroissances dorsales insectoĂŻdes ne sont jamais surgies de la chair des citoyens du hameau ou de celle de ma mĂšre. Les proies mortes ne sont pas vectrices. Une transmission par contact physique nâest pas Ă Ă©carter. Vaut mieux maintenir ma vigilance.
modifié le 01/07 18:10 2026-07-01 18:09:12
Le ventre de Kessa gronda malgré elle. Ses oreilles frémirent de contrariété. Elle détestait lorsque son corps trahissait ses faiblesses. Habituellement insondable, la Tabaxi se renfrogna sans toutefois quitter des yeux le morceau de viande séchée. La petite créature n'avait pas l'air bien menaçante... Quoique, privée de ses pouvoirs de préscience, Kessa se sentßt vulnérable. Elle savait pertinemment que la petite taille n'était pas un gage de sécurité.
Elle se trouvait dans une impasse : faire confiance et avaler ce succulent morceau de loup séché, ou fuir avec l'estomac encore plus vide.
Kessa continua de sonder le jeune homme devant elle. Ses yeux verts luisaient d'une mystérieuse lueur... Pourtant, son corps révélait les signes de la déshydratation : sa langue humectait sans cesse ses lÚvres gercées, sa main revenait réguliÚrement à sa gorge, sa bouche semblait pùteuse et ses yeux étaient légÚrement enfoncés dans leurs orbites.
Allez, tente ta chance ! lui murmurait son instinct.
AprÚs de longues secondes de silence, la féline décrocha la gourde et la tendit vers l'étranger.
- Si je ne meurs pas empoisonnée, je te montrerai une riviÚre qui regorge de délicieux poissons.
Son ton Ă©tait mi-amusĂ©, mi sĂ©rieux. De ses griffes, elle saisit le morceau de viande, le renifla avec prĂ©caution, puis l'engloutit d'une seule bouchĂ©e. Son nez capta aussitĂŽt l'odeur caractĂ©ristique du prĂ©dateur : une senteur sauvage et musquĂ©e oĂč se mĂȘlaient le sang, le cuir et la fumĂ©e du sĂ©chage. La chair Ă©tait sĂšche, ferme et coriace, mais Ă©tonnamment riche en saveurs. Une lĂ©gĂšre amertume persistait en bouche, rappelant qu'il s'agissait d'un grand carnivore. Ce n'Ă©tait pas une viande dĂ©licate, mais elle Ă©tait nourrissante et suffisamment rassasiante pour apaiser les protestations de son estomac. Son mal de tĂȘte incessant commençait Ă se dissiper. Mais pas tout Ă fait. Elle n'avait pas encore accĂšs aux canaux des esprits.
Elle attendit que l'Ă©tranger avale son dĂ», puis se mit en route vers la forĂȘt ancienne. Agile et silencieuse, Kessa Ă©tait une prĂ©datrice hors pair. Elle aurait pu devenir une grande chasseuse et faire la fiertĂ© de sa tribu. Au lieu de cela, les esprits l'avaient choisie pour ĂȘtre leur guide. Au fil des annĂ©es, elle s'Ă©tait rĂ©fugiĂ©e dans la sĂ©curitĂ© de ses prĂ©sages, Ă©vitant les risques inutiles. Elle observait plus qu'elle n'agissait.
- Le vent murmure aux crĂ©atures de la forĂȘt. Il faut rester prudent, murmura-t-elle.
Elle se trouvait dans une impasse : faire confiance et avaler ce succulent morceau de loup séché, ou fuir avec l'estomac encore plus vide.
Kessa continua de sonder le jeune homme devant elle. Ses yeux verts luisaient d'une mystérieuse lueur... Pourtant, son corps révélait les signes de la déshydratation : sa langue humectait sans cesse ses lÚvres gercées, sa main revenait réguliÚrement à sa gorge, sa bouche semblait pùteuse et ses yeux étaient légÚrement enfoncés dans leurs orbites.
Allez, tente ta chance ! lui murmurait son instinct.
AprÚs de longues secondes de silence, la féline décrocha la gourde et la tendit vers l'étranger.
- Si je ne meurs pas empoisonnée, je te montrerai une riviÚre qui regorge de délicieux poissons.
Son ton Ă©tait mi-amusĂ©, mi sĂ©rieux. De ses griffes, elle saisit le morceau de viande, le renifla avec prĂ©caution, puis l'engloutit d'une seule bouchĂ©e. Son nez capta aussitĂŽt l'odeur caractĂ©ristique du prĂ©dateur : une senteur sauvage et musquĂ©e oĂč se mĂȘlaient le sang, le cuir et la fumĂ©e du sĂ©chage. La chair Ă©tait sĂšche, ferme et coriace, mais Ă©tonnamment riche en saveurs. Une lĂ©gĂšre amertume persistait en bouche, rappelant qu'il s'agissait d'un grand carnivore. Ce n'Ă©tait pas une viande dĂ©licate, mais elle Ă©tait nourrissante et suffisamment rassasiante pour apaiser les protestations de son estomac. Son mal de tĂȘte incessant commençait Ă se dissiper. Mais pas tout Ă fait. Elle n'avait pas encore accĂšs aux canaux des esprits.
Elle attendit que l'Ă©tranger avale son dĂ», puis se mit en route vers la forĂȘt ancienne. Agile et silencieuse, Kessa Ă©tait une prĂ©datrice hors pair. Elle aurait pu devenir une grande chasseuse et faire la fiertĂ© de sa tribu. Au lieu de cela, les esprits l'avaient choisie pour ĂȘtre leur guide. Au fil des annĂ©es, elle s'Ă©tait rĂ©fugiĂ©e dans la sĂ©curitĂ© de ses prĂ©sages, Ă©vitant les risques inutiles. Elle observait plus qu'elle n'agissait.
- Le vent murmure aux crĂ©atures de la forĂȘt. Il faut rester prudent, murmura-t-elle.
2026-07-02 04:00:26
La douce caresse de lâeau contre les parois de sa gorge malmenĂ©e le soulagea. Bien quâun arriĂšre-goĂ»t persistĂąt, il nâavala que le strict nĂ©cessaire. Il lui rendit son contenant tout en scrutant lâobjet avec une curiositĂ© qui ne le quittait jamais.
La flasque, loin dâĂȘtre une piĂšce utilitaire commune, se rĂ©vĂ©lait chef-dâĆuvre dâartisanat nomade. Le cuir, dâune teinte ambrĂ©e rappelant lâĂ©corce de vieux mĂ©lĂšzes, prĂ©sentait un tannage si fin quâil en conservait une souplesse organique, presque tiĂšde au toucher. Les coutures, rĂ©alisĂ©es Ă partir de tendons blanchis, formaient des motifs gĂ©omĂ©triques serrĂ©s qui vibraient sous la faible lumiĂšre. Lâouverture se refermait par un bouchon de bois noirci, gravĂ© dâune rune dont Asherim ne reconnaissait ni le tracĂ©, ni lâintention, et dont les arĂȘtes suintaient une lĂ©gĂšre humiditĂ© minĂ©rale.
Asherim nâidentifiait guĂšre lâorfĂšvrerie de ce contenant, et cette lacune lâintriguait au plus haut point. Ses questions attendraient. Maintenant que son esprit se clarifiait, il observa la femelle avec une prĂ©cision accrue. Ce quâil avait pris pour du gris Ă©tait en fait une couleur fauve beaucoup plus riche, ponctuĂ©e de taches disposĂ©es selon un motif complexe.
Est-ce une adaptation pour mieux se fondre dans les bois ? Ses habits rappelaient ceux des chamas de ces clans de nomades qui campaient prĂšs du village lors des saisons chaudes. Quel genre de monde exige une telle mutation bestiale ?
La fĂ©linidĂ© rebroussa chemin, sans bruit, avec une agilitĂ© qui confirmait ses soupçons. La brume au sol se rapprochait, accompagnĂ©e dâune odeur de magie primitive, fort dĂ©sagrĂ©able. Lâair se chargeait de petites dĂ©charges arcaniques, mais la femelle ne semblait guĂšre affectĂ©e.
Asherim, lui, contenait difficilement le frisson qui parcourait son échine.
Autour dâeux, la forĂȘt se refermait tel un piĂšge vivant. Les arbres, des colosses noueux Ă lâĂ©corce sombre se penchaient pour Ă©couter le moindre de leurs souffles. Leurs branches, entrelacĂ©es en un dĂŽme oppressant, ne laissaient filtrer quâune lumiĂšre verdĂątre et maladive. Un tapis de mousse spongieuse Ă©touffait le moindre cliquetis de leurs pas, tandis que dâĂ©tranges champignons luminescents, tapissĂ©s sur les troncs humides, pulsaient au rythme lent dâune respiration souterraine.
Des lianes Ă©pineuses sâenroulaient autour des racines massives comme des veines de bois, frĂ©missant au passage des dĂ©charges Ă©lectriques qui zĂ©braient la pĂ©nombre. Nulle faune nâosait rompre ce silence pesant ; seul le bruissement furtif dâune feuille morte trahissait la magie sauvage, une aura quâAsherim percevait dĂ©sormais comme une caresse tranchante sur sa peau.
Au bout dâune heure de marche, Ă suivre la cadence de cette femelle dont il ignorait le nom, ils sâarrĂȘtĂšrent. Il sâeffondra briĂšvement contre un rocher, sa respiration beaucoup trop rauque Ă son goĂ»t.
Trop dâexercice pour aujourdâhui. Je nâai pas les longues jambes dâun fĂ©lin, ni la grĂące de mes semblables non-maudits. Ă croire que les Dieux voulaient que jâexpie ma faute pour de vrai. Bon sangâŠ
Il renifla un coup et soupira en sentant le sang couler de sa narine. Un symptĂŽme classique lors de tout surmenage en prĂ©sence de magie. Il sortit son mouchoir habituel pour sâessuyer rapidement, notant, comme Ă chaque fois, que son sang arborait un sous-ton mĂ©tallique, un autre signe distinctif de son odieux malĂ©fice.
â V-voila. Je suis apte Ă accomplir⊠ma part du marchĂ©.
Il se releva, épousseta le bas de sa tunique asymétrique rapiécée, puis examina le miroitement de la riviÚre avec une attention accrue.
Autour dâeux, la forĂȘt se renfermait comme un Ă©tau vivant. La lumiĂšre, filtrĂ©e par les branches entrelacĂ©es, tombait en faisceaux blĂąfards sur lâeau, crĂ©ant des zones de contraste saisissantes. Asherim ignora l'oppression ambiante pour se concentrer sur les lois du lieu.
Ha ! Cette riviĂšre est parfaite pour la pĂȘche. Lâangle de la lumiĂšre attire les proies prĂšs de la surface. Un peu de magie pour mâassister ne fera aucun tort.
Il ferma les yeux un instant, focalisant sa volontĂ©. Il ne cherchait pas Ă forcer la nature, mais simplement Ă orienter les flux. Une infime dĂ©charge arcanique quitta ses doigts pour caresser la surface de son catalyseur. La canne Ă pĂȘche brilla dâune lueur bleutĂ©e, froide, tandis quâil lançait sa ligne avec prĂ©cision.
DĂšs le contact de son hameçon enchantĂ©, les remous se calmĂšrent, rĂ©vĂ©lant la gĂ©omĂ©trie parfaite du courant. Les proies stagnaient exactement lĂ oĂč sa logique anticipait. Peu aprĂšs, une premiĂšre touche, mais ce quâil remonta arborait une odeur si horrible que son repas remonta son estomac.
â Pouah ! Quâest-ce que⊠!
Le poisson se dĂ©battit sur la berge avec une vigueur dĂ©risoire. Son corps, dĂ©charnĂ© et couvert de plaques blanchĂątres, semblait en pleine dĂ©composition active, bien quâil soit encore animĂ© dâune volontĂ© rĂ©flexe, tel un cadavre ambulant. Une odeur putride, un mĂ©lange Ă©cĆurant de fruit blet, de soufre et de chair faisandĂ©e se dĂ©gagea instantanĂ©ment de lâanimal.
Asherim manqua de vomir, sa gorge brĂ»lant encore des restes de lâeau quâil avait bue plus tĂŽt.
Birael, son mimic de poche, Ă©mergea de la besace, excitĂ©. La crĂ©ature couina de joie, ses petites tentacules cherchant fĂ©brilement Ă sâemparer de lâabomination vacillante. Pour le mimic, ce nâĂ©tait pas un poisson zombie, mais un festin de roi.
Asherim, la main tremblante de dĂ©goĂ»t, dĂ©crocha lâhameçon dâun coup sec. Le poisson produisait un mucus visqueux qui refusait de sĂ©cher, un liquide trouble qui scintillait dâune lueur malsaine sous la canopĂ©e. Il essuya ses doigts gantĂ©s sur lâherbe, mais la puanteur persistait, comme incrustĂ©e dans ses pores.
â Câest⊠aberrant, maugrĂ©a-t-il en dĂ©tournant le regard de Birael qui dĂ©vorait dĂ©jĂ le spĂ©cimen.
Un cycle biologique aussi dĂ©gradĂ© ne devrait pas ĂȘtre viable. La nĂ©crose est totale, pourtant le systĂšme nerveux central continue dâĂ©mettre des signaux moteursâŠ
Il lança sa ligne de nouveau, les gestes plus saccadĂ©s par la nausĂ©e et lâagacement. Son esprit analytique tentait de classer ce phĂ©nomĂšne, mais l'horreur de la chose le poussait Ă douter de la stabilitĂ© mĂȘme des lois physiques en ces lieux. Il surveilla le bouchon, le regard fixe, espĂ©rant que la prochaine prise ne ferait pas montre dâautant de vitalitĂ© surnaturelle.
La seconde prise, elle, se dĂ©battait avec vigueur. Il remercia le Destin pour lâenchantement sur sa canne qui remplaçait la nĂ©cessitĂ© dâemployer de la force pour remonter le poisson. La force physique absolument exĂ©crable dâAsherim constituait une autre de ces blagues divines de mauvais goĂ»t.
MĂȘme un vulgaire couvercle dâun pot en verre devenait insurmontable sans risquer dâen briser le contenant.
Les Ă©cailles de ce poisson massif Ă©tincelaient sous le givre de son sortilĂšge. Il lâacheva sans douleur inutile dâun coup de flĂšche modifiĂ©e. Toute lame plus massive se rĂ©vĂ©lait bien trop lourde pour ses bras sans vigueur.
Il enchaßna trois autres prises. Contrairement à la premiÚre, celles-ci étaient saines, fermes au toucher, leurs chairs perlées de l'humidité vive de la riviÚre. Ce succÚs, bien que modeste, lui offrait un répit bienvenu. à chaque lancer, ses gestes se faisaient plus mécaniques, plus économes, dictés par la nécessité de ne pas s'effondrer avant d'avoir atteint son quota.
Ses bras tremblaient d'une fatigue nerveuse, et le sang recommençait à picoter dans ses narines. Il finit par déposer sa canne, les doigts si engourdis qu'il manqua de la faire tomber. Il n'en pouvait plus.
Le moindre mouvement lui coĂ»tait un effort Ă©puisant, comme si chaque cellule de son corps protestait contre cette activitĂ© prolongĂ©e. Il se laissa glisser contre le rocher, fermant les yeux pour tenter d'ignorer les battements irrĂ©guliers de son cĆur, laissant Birael s'affairer sur le reste de la dĂ©pouille de la premiĂšre prise.
â V⊠voilĂ . Ma part du marchĂ©.
Cette félinidée anthropomorphe ne regretterait pas de lui avoir offert de son eau. Asherim honorait ses engagements, tel que sa mÚre adoptive lui avsit inculqué dÚs son enfance. Il ne lui ferait pas honte en fuyant.
La flasque, loin dâĂȘtre une piĂšce utilitaire commune, se rĂ©vĂ©lait chef-dâĆuvre dâartisanat nomade. Le cuir, dâune teinte ambrĂ©e rappelant lâĂ©corce de vieux mĂ©lĂšzes, prĂ©sentait un tannage si fin quâil en conservait une souplesse organique, presque tiĂšde au toucher. Les coutures, rĂ©alisĂ©es Ă partir de tendons blanchis, formaient des motifs gĂ©omĂ©triques serrĂ©s qui vibraient sous la faible lumiĂšre. Lâouverture se refermait par un bouchon de bois noirci, gravĂ© dâune rune dont Asherim ne reconnaissait ni le tracĂ©, ni lâintention, et dont les arĂȘtes suintaient une lĂ©gĂšre humiditĂ© minĂ©rale.
Asherim nâidentifiait guĂšre lâorfĂšvrerie de ce contenant, et cette lacune lâintriguait au plus haut point. Ses questions attendraient. Maintenant que son esprit se clarifiait, il observa la femelle avec une prĂ©cision accrue. Ce quâil avait pris pour du gris Ă©tait en fait une couleur fauve beaucoup plus riche, ponctuĂ©e de taches disposĂ©es selon un motif complexe.
Est-ce une adaptation pour mieux se fondre dans les bois ? Ses habits rappelaient ceux des chamas de ces clans de nomades qui campaient prĂšs du village lors des saisons chaudes. Quel genre de monde exige une telle mutation bestiale ?
La fĂ©linidĂ© rebroussa chemin, sans bruit, avec une agilitĂ© qui confirmait ses soupçons. La brume au sol se rapprochait, accompagnĂ©e dâune odeur de magie primitive, fort dĂ©sagrĂ©able. Lâair se chargeait de petites dĂ©charges arcaniques, mais la femelle ne semblait guĂšre affectĂ©e.
Asherim, lui, contenait difficilement le frisson qui parcourait son échine.
Autour dâeux, la forĂȘt se refermait tel un piĂšge vivant. Les arbres, des colosses noueux Ă lâĂ©corce sombre se penchaient pour Ă©couter le moindre de leurs souffles. Leurs branches, entrelacĂ©es en un dĂŽme oppressant, ne laissaient filtrer quâune lumiĂšre verdĂątre et maladive. Un tapis de mousse spongieuse Ă©touffait le moindre cliquetis de leurs pas, tandis que dâĂ©tranges champignons luminescents, tapissĂ©s sur les troncs humides, pulsaient au rythme lent dâune respiration souterraine.
Des lianes Ă©pineuses sâenroulaient autour des racines massives comme des veines de bois, frĂ©missant au passage des dĂ©charges Ă©lectriques qui zĂ©braient la pĂ©nombre. Nulle faune nâosait rompre ce silence pesant ; seul le bruissement furtif dâune feuille morte trahissait la magie sauvage, une aura quâAsherim percevait dĂ©sormais comme une caresse tranchante sur sa peau.
Au bout dâune heure de marche, Ă suivre la cadence de cette femelle dont il ignorait le nom, ils sâarrĂȘtĂšrent. Il sâeffondra briĂšvement contre un rocher, sa respiration beaucoup trop rauque Ă son goĂ»t.
Trop dâexercice pour aujourdâhui. Je nâai pas les longues jambes dâun fĂ©lin, ni la grĂące de mes semblables non-maudits. Ă croire que les Dieux voulaient que jâexpie ma faute pour de vrai. Bon sangâŠ
Il renifla un coup et soupira en sentant le sang couler de sa narine. Un symptĂŽme classique lors de tout surmenage en prĂ©sence de magie. Il sortit son mouchoir habituel pour sâessuyer rapidement, notant, comme Ă chaque fois, que son sang arborait un sous-ton mĂ©tallique, un autre signe distinctif de son odieux malĂ©fice.
â V-voila. Je suis apte Ă accomplir⊠ma part du marchĂ©.
Il se releva, épousseta le bas de sa tunique asymétrique rapiécée, puis examina le miroitement de la riviÚre avec une attention accrue.
Autour dâeux, la forĂȘt se renfermait comme un Ă©tau vivant. La lumiĂšre, filtrĂ©e par les branches entrelacĂ©es, tombait en faisceaux blĂąfards sur lâeau, crĂ©ant des zones de contraste saisissantes. Asherim ignora l'oppression ambiante pour se concentrer sur les lois du lieu.
Ha ! Cette riviĂšre est parfaite pour la pĂȘche. Lâangle de la lumiĂšre attire les proies prĂšs de la surface. Un peu de magie pour mâassister ne fera aucun tort.
Il ferma les yeux un instant, focalisant sa volontĂ©. Il ne cherchait pas Ă forcer la nature, mais simplement Ă orienter les flux. Une infime dĂ©charge arcanique quitta ses doigts pour caresser la surface de son catalyseur. La canne Ă pĂȘche brilla dâune lueur bleutĂ©e, froide, tandis quâil lançait sa ligne avec prĂ©cision.
DĂšs le contact de son hameçon enchantĂ©, les remous se calmĂšrent, rĂ©vĂ©lant la gĂ©omĂ©trie parfaite du courant. Les proies stagnaient exactement lĂ oĂč sa logique anticipait. Peu aprĂšs, une premiĂšre touche, mais ce quâil remonta arborait une odeur si horrible que son repas remonta son estomac.
â Pouah ! Quâest-ce que⊠!
Le poisson se dĂ©battit sur la berge avec une vigueur dĂ©risoire. Son corps, dĂ©charnĂ© et couvert de plaques blanchĂątres, semblait en pleine dĂ©composition active, bien quâil soit encore animĂ© dâune volontĂ© rĂ©flexe, tel un cadavre ambulant. Une odeur putride, un mĂ©lange Ă©cĆurant de fruit blet, de soufre et de chair faisandĂ©e se dĂ©gagea instantanĂ©ment de lâanimal.
Asherim manqua de vomir, sa gorge brĂ»lant encore des restes de lâeau quâil avait bue plus tĂŽt.
Birael, son mimic de poche, Ă©mergea de la besace, excitĂ©. La crĂ©ature couina de joie, ses petites tentacules cherchant fĂ©brilement Ă sâemparer de lâabomination vacillante. Pour le mimic, ce nâĂ©tait pas un poisson zombie, mais un festin de roi.
Asherim, la main tremblante de dĂ©goĂ»t, dĂ©crocha lâhameçon dâun coup sec. Le poisson produisait un mucus visqueux qui refusait de sĂ©cher, un liquide trouble qui scintillait dâune lueur malsaine sous la canopĂ©e. Il essuya ses doigts gantĂ©s sur lâherbe, mais la puanteur persistait, comme incrustĂ©e dans ses pores.
â Câest⊠aberrant, maugrĂ©a-t-il en dĂ©tournant le regard de Birael qui dĂ©vorait dĂ©jĂ le spĂ©cimen.
Un cycle biologique aussi dĂ©gradĂ© ne devrait pas ĂȘtre viable. La nĂ©crose est totale, pourtant le systĂšme nerveux central continue dâĂ©mettre des signaux moteursâŠ
Il lança sa ligne de nouveau, les gestes plus saccadĂ©s par la nausĂ©e et lâagacement. Son esprit analytique tentait de classer ce phĂ©nomĂšne, mais l'horreur de la chose le poussait Ă douter de la stabilitĂ© mĂȘme des lois physiques en ces lieux. Il surveilla le bouchon, le regard fixe, espĂ©rant que la prochaine prise ne ferait pas montre dâautant de vitalitĂ© surnaturelle.
La seconde prise, elle, se dĂ©battait avec vigueur. Il remercia le Destin pour lâenchantement sur sa canne qui remplaçait la nĂ©cessitĂ© dâemployer de la force pour remonter le poisson. La force physique absolument exĂ©crable dâAsherim constituait une autre de ces blagues divines de mauvais goĂ»t.
MĂȘme un vulgaire couvercle dâun pot en verre devenait insurmontable sans risquer dâen briser le contenant.
Les Ă©cailles de ce poisson massif Ă©tincelaient sous le givre de son sortilĂšge. Il lâacheva sans douleur inutile dâun coup de flĂšche modifiĂ©e. Toute lame plus massive se rĂ©vĂ©lait bien trop lourde pour ses bras sans vigueur.
Il enchaßna trois autres prises. Contrairement à la premiÚre, celles-ci étaient saines, fermes au toucher, leurs chairs perlées de l'humidité vive de la riviÚre. Ce succÚs, bien que modeste, lui offrait un répit bienvenu. à chaque lancer, ses gestes se faisaient plus mécaniques, plus économes, dictés par la nécessité de ne pas s'effondrer avant d'avoir atteint son quota.
Ses bras tremblaient d'une fatigue nerveuse, et le sang recommençait à picoter dans ses narines. Il finit par déposer sa canne, les doigts si engourdis qu'il manqua de la faire tomber. Il n'en pouvait plus.
Le moindre mouvement lui coĂ»tait un effort Ă©puisant, comme si chaque cellule de son corps protestait contre cette activitĂ© prolongĂ©e. Il se laissa glisser contre le rocher, fermant les yeux pour tenter d'ignorer les battements irrĂ©guliers de son cĆur, laissant Birael s'affairer sur le reste de la dĂ©pouille de la premiĂšre prise.
â V⊠voilĂ . Ma part du marchĂ©.
Cette félinidée anthropomorphe ne regretterait pas de lui avoir offert de son eau. Asherim honorait ses engagements, tel que sa mÚre adoptive lui avsit inculqué dÚs son enfance. Il ne lui ferait pas honte en fuyant.
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